( 15 juillet, 2011 )

Les Nuées. Aristophane

Ce résumé est suffisamment complet mais il reste assez synthétique. Veuillez excuser et corriger les fautes d’orthographe.

Fiche de lecture

Les Nuées

Aristophane 

Introduction:

Aristophane est l’auteur comique de l’antiquité. Cette pièce est du Vème siècle avant JC.

 

Prologue 1

La pièce commence avec Strepsiadès (fils de Phidôn, Strepsiadès du dême de Kikynna), ce dernier se plaint de plusieurs choses, d’une part, de la guerre mais il ne développe pas ce point, de l’autre, de ne pouvoir châtier ses esclaves, puis, d’un jeune homme rêvant constamment de chevaux (Phidippidès, son fils). Il ne dévoile pas encore son identité. Strepsiadès décide de faire ses comptes, d’observer ses dettes, il en constate une qu’il doit notamment à Pasias parce qu’il a acheté Koppatias.
Nous apprenons ensuite que le jeune homme dont se plaint Strepsiadès est Phidippidès, il rêve de courses de chevaux, nous apprenons également qu’il est son fils.
Ce dialogue est comique de par sa situation; le père répond aux commentaires du fils qui rêve en se plaignant de sa ruine.
Phidippidès se réveille puis se rendort. Strepsiadès se plaint à nouveau, mais cette fois de son mariage. Il maudit le jour où il se maria. Le lecteur connait ainsi le passé de cet homme grognon :
Avant de se marier, il était « paysan », « inculte, négligé et couché au hasard, riche en abeilles, en brebis, et en marc d’olives ».
Puis il s’est marié avec une fille de la ville, nièce de Mégaklès, « femme altière, luxueuse ».
Dans cette même réplique, nous avons des bribes de description du déroulement d’un mariage grec : quand il se met au lit, il sent le vin, les figues sèches (Et oui ! Les fameuses friandises dont nous parlions en histoire les enfants !)
Le récit que nous fait Strepsiadès est interrompu par une courte réplique d’un serviteur annonçant qu’il n’y a plus d’huile dans la lampe ; Le changement de comportement du maître vis-à-vis de son serviteur puis le moment où il se voit conteur rend un effet comique.
Il raconte enfin la naissance de son fils, mais surtout, le choix de du prénom. En effet, son « excellente femme » voulait que son prénom ait un rapport avec les chevaux. Ils finirent par opter pour Phidippidès. Elle ne cessait de dire tendrement à son fils que plus tard, il conduirait un char comme Mégaklès ; pendant que son père lui, lui parlait de chèvres (et non, le petit n’en avait strictement rien à fiche), et voyait monter en lui son goût pour les chevaux.
Retour au présent, Strepsiadès voudrait réveiller son fils doucement. Il le fait. Il demande ensuite à son fils s’il l’aime. Ce dernier jure que oui par Zeus Dieu des chevaux, ce qui répugne le père. Le père lui donne des conseils : aller dans une petite maison (le philosophoir) où se trouvent des philosophes tels que Socrate et laisser là l’équitation. Il souhaite, qu’en y entrant, son fils lui apprenne les deux raisonnements. L’un est supérieur, l’autre inférieur. Par le moyen de l’inférieur, on gagne les causes injustes. Si son fils lui apprenait ce raisonnement inférieur, donc le raisonnement injuste, il ne paierait rien de toutes les dettes qu’il a contracté pour son fils.
Son fils refuse, alors Strepsiadès le chasse, Phidippidès décide de partir chez Mégaklès qui ne le « laissera pas sans monture ».
Strepsiadès alors décide d’entrer lui lui-même au philosophoir. Il annonce au disciple qui le reçoit à la porte qu’il veut être lui-même disciple.
Aristophane, ici, se moque de Socrate (Sokratès) en relatant une discussion sur une puce, il vante le maître Socrate d’avoir trouvé le moyen de mesurer la longueur des pattes d’une puce en lui façonnant des souliers de cire. Strepsiadès semble ébloui par cette « finesse ».
Le disciple à nouveau la l’intelligence de Socrate par le biais d’une autre anecdote. Celle où il répondit à Khaeréphôn (Chéréphon) que le cousin avait un intestin étroit, que cette étroitesse fait communiquer l’intestin et le derrière, qu’alors, le derrière raisonne par la force de l’air, c’est de là que vient son bourdonnement.
De plus en plus ébahi par cette intelligence (suprêmissime !!) de Socrate, il conclut (imbécile) qu’il serait très facile d’échapper à une poursuite de justice (référence à ses dettes) en connaissant à fond l’intestin du cousin.
S’ensuit ensuite un long dialogue amusant entre le disciple et Strepsiadès. Ce dernier observe des animaux, le nez par terre, « ils sondent l’abîme du Tartare ». Strepsiadès croit qu’ils cherchent des oignons. Ils ont le derrière tourné vers le ciel, le disciple informe à Strepsiadès qu’il apprend l’astronomie.
Le disciple fait entrer Strepsiadès, lui montre ce qu’est la géométrie, l’astronomie, lui assure que cela sert à mesurer la terre entière. Il lui montre Athènes, l’Eubée. Ils découvrent Socrate juché dans un panier.
Nous vient alors une scène comique où on imagine Socrate suspendu dans les airs dans son panier. Strepsiadès apprend alors que Socrate élève ainsi son esprit afin d’admirer mieux le soleil, il ne peut bien penser sur terre car la terre attire l’humidité de la pensée, « c’est ce qui arrive au cresson » (moi pas comprendre… Est-ce qu’Aristophane compare la pensée au cresson… Hou… Y en a qui ont fumé le cocotier).
Strepsiadès explique à Socrate qu’il veut apprendre à bien parler. Il explique ensuite comment il s’est endetté, c’est-à-dire à cause d’une « maladie dévorante », « l’hippomanie ». Il lui demande de lui apprendre l’un des deux raisonnements, comme ne pas payer. Il jure par Zeus (Stooooooooooooop !)
Socrate lui annonce qu’ici, ils ne jurent pas par les Dieux. Il ajoute que les nuées sont leurs divinités. Il le saupoudre de farine afin qu’il devienne fleur de farine. (Oui c’est de la bonne !).

Parodos 1
Socrate appelle les Nuées, mères du tonnerre et de la foudre, dans une fervente prière, il les prie de venir, peu importe d’où elles viennent, que ce soit de l’Olympe où des jardins de l’océan, qu’elles viennent s’élever dans les régions supérieurs du penseur (Ca va les chevilles ?).
Les Nuées, composant le chœur, répondent à l’appel. Strepsiadès.
Le chœur, qui se surnomme « Vierges dispensatrices des pluies » veut aller aux pays de Crecrops, là se trouve le sanctuaire aux offrandes aux divinités (accumulation laudative).
Socrate apprend alors à Strepsiadès que ces divinités sont les Nuées « Nuées célestes, grandes divinités des hommes oisifs, qui nous suggèrent pensée, parole, intelligence, charlatanisme, loquacité, ruse, compréhension. »
Les Nuées apparaissent donc, sous forme de brouillard, de rosée, de fumée. Socrate lui annonce que les Nuées prennent la forme qu’elles veulent. Elles se changent en centaure pour se moquer de la manie de Xénophante par exemple, en loup pour se moquer de Simon.

Chœur 1
Strepsiadès s’adresse aux Nuées, elles lui répondent. Socrate lui apprend que Zeus n’existe pas, que ce sont les Nuées qui font pleuvoir tandis que Strepsiadès croyait qu’il pleuvait par la pisse de Zeus… (Charmant). Ce sont les Nuées qui apportent le tonnerre lorsqu’elles roulent, pleines d’eau et se brisent les unes contre les autres. Le nouveau disciple ne veut y croire, mais alors, Socrate lui dit que lorsqu’il mange aux panathénées, sont ventre ne raisonne-t-il as comme le tonnerre (oui oui nous parlons bien d’un pet). Il lui apprend également d’où vient la foudre.
Les Nuées lui souhaitent la bienvenue à condition qu’il n’ait crainte de rester debout, de marcher, d’avoir froid, de s’abstenir de manger, de boire du vin, des gymnases, il faut qu’il favorise sa conduite, sa prudence, et sa force polémique de la langue. Socrate ajoute qu’il n’adorera plus que trois dieux : Chaos, les nuées et la Langue.
Strepsiadès leur demande d’être des Hellènes le plus fort dans l’art de parler afin de retourner la justice de son côté et d’échapper aux créanciers. Le chœur (donc les Nuées) accepte, il annonce qu’il obtiendra ce qu’il désire s’il sert correctement les Nuées. Elles sont ravies de la volonté de Strepsiadès prêt à endurer tout et n’importe quoi dans le but d’échapper aux créanciers. Elles ordonnent à Socrate de lui apprendre des choses.
Socrate lui pose quelques questions (s’il apprend facilement), Strepsiadès n’aura peut-être pas besoin d ‘être battu. Il doit se mettre nu.

Parabase du chœur.
C’est là le discours d’Aristophane. Il espère être vainqueur car il voit cette pièce comme la meilleure. La comédie est comme son enfant qu’il présente, son fruit. Ce poète (Aristophane) n’essaye de porter la tête haute ni de tromper qui que ce soit. Ses pièces sont deux ou trois fois sur le même sujet, mais toujours différentes, originales, toutes sont ingénieuses. Aristophane lui touche ses personnage en plein ventre mais ne les foule pas, ne les achève pas cruellement (ex Cléon) à la différence de Eupolis. Les spectateurs qui rient de ses pièces et non des autres, on dira d’eux qu’ils ont bon goût.
???

Scène lyrique 1
Strepsiadès insupporte Socrate, en effet, celui-ci oublie tout avant d’avoir appris. Socrate lui demande s’il veut commencer par apprendre, la mesure, le rythme, ou les vers. Vient ensuite une série de quiproquos. Par exemple, lorsque Socrate parle du dactyle, l’autre personnage croit que c’est un doigt, ou bien, lorsque Socrate parle de mesure, l’autre personnage cause de demi-setier. Il ne comprend pas qu’il y ait beaucoup de choses à apprendre avant le raisonnement injuste.
Ainsi, Socrate commence par lui demander quels sont parmi les quadrupèdes les animaux qui sont mâles. Srepsiadès puis dit le coq (Heu non… Ce n’est pas un quadrupède mais bon…), Socrate lui apprend qu’on dit le coq et la femelle du coq. Il lui fait une leçon sur les genres (on dit la auge et non l’auge).
Ah ! La phrase fatidique « Mais à quoi sert d’apprendre ce que nous savons tous ? / A rien par Zeus ».
Il le fait s’allonger sur des punaises. Après quelques enseignements, Strepsiadès se rend compte qu’il n’arrive pas à retenir, il demande conseil aux nuées, celles-ci lui conseillent d’amener son fils à sa place. Il sort, retrouve son fils son fils Phidippidès. Il lui annonce que Zeus n’existe pas, le fils ne le croit pas.
Il amène son fils à Socrate. Socrate va apprendre à Phidippidès le juste et l’injuste.

Agon 1
Aristophane met en scène le juste et l’injuste
Dialogue conflictuel entre le juste et l’injuste. Selon l’injuste, il n’y a pas de justice. Le juste dit que la Justice est chez les Dieux. Le chœur met fin à ce tumulte. Il propose que ce soit le petit qui choisisse quel école il veut avoir. Il fait parler tour à tour le juste et l’injuste pour convaincre Phidippidès.
Le juste : il raconte comment c’était avant. Ecole de chant, il fallait chanter juste sinon il était roué, il fallait se tenir debout, droit, ou assis d’une certaine manière, pas les pieds croisés, pas d’amants. Gymnase, belle figure, sexe petit, joli corps.
L’injuste : détruit un par un les arguments du juste, sur les bains chauds, sur l’agora… L’injuste parvient à vaincre le juste au nombre des « derrières élargis ».

Episode 2 : Socrate demande au père s’il veut qu’il instruise Phidippidès. Oui bien sûr.

Parabase 3
Socrate a formé Phidippidès. Il lui rend son fils.
Strepsiadès ne rend pas l’argent qu’il a emprunté. Il sera puni dit le chœur. Il bat son père et veut le battre par le discours pour lui montrer qu’il a raison de le battre.
Strepsiadès se plaint aux nuées, elles répondent, tu n’avais qu’à croire aux Dieux. Il brûle la maison de Socrate.

Né en - 445 avant JC

Aristophane né en – 445 avant JC

( 15 juillet, 2011 )

On ne badine pas avec l’Amour. Musset

Fiche de lecture

Je vous invite vivement à apprécier cette pièce qui est, il faut bien l’avouer, merveilleuse. Résumé bien détaillé. Ah! Une fois encore, je n’ai pu m’empêcher de faire quelques commentaires (étant une fanatique de Musset, il n’en pouvait être autrement).

ON NE BADINE PAS AVEC L’AMOUR

Musset

Personnages :
Le baron
Perdican, son fils.
Maître Blazius, gouverneur de Perdican.
Maître Bridaine, curé.
Camille, nièce du Baron
Dame Pluche, sa gouvernante.
Rosette, sœur de lait de Camille.
Le chœur de paysans.

Acte I

Sc 1. (Une place dans le château)
Le chœur ouvre la pièce d’une façon comique, en décrivant Maître Blazius (arrive sur une mule… c’est un poivreau) tout à fait ridicule (Veuillez noter que le choeur est une tradition théâtrale datant du théâtre antique qui s’est perdue. Muser fait partie des rares dramaturges à la remettre au gout du jour. Cette une particularité de cette pièce) . Celui-ci vient donner des nouvelles de Perdican. Perdican revient de Paris aujourd’hui, le jeune l’impressionne par son érudition
C’est au tour de dame Pluche de faire son entrée, tout aussi ridicule (sur un âne, sale, la robe retroussée jusqu’aux jarretières). Le choeur l’introduit et dialogue avec elle. Le choeur est composé de paysans, mais il n’est pas dénué d’esprit, au contraire, il use d’un ton tout à fait ironique en s’adressant à Dame Pluche comme à une Sainte. Holy shit!
Elle annonce que Camille, nièce du Baron arrive aujourd’hui au château sur l’ordre de monseigneur . Elle décrit Camille comme l’incarnation de la pureté.
=> (La scène d’exposition nous apprend donc l’identité et le caractère des personnages. Manifestement, il s’agit d’une comédie. Mais est-ce vraiment le cas?)

Sc2. Le baron avoue à maître Bridaine ses espoirs : marier son fils et sa nièce. Il se lance dans une argumentation en deux temps qui permettra au lecteur de connaître l’étendue de l’intrigue :
1 leur éducation lui coûte 6000 écus. (Retenez qu’ils sont donc de la même famille. D’ailleurs, Bridaine ne manque pas de le rappeler et d’ajouter qu’il faudra une dérogation.) Mais le baron a tout prévu !
2  le baron se sent seul du fait qu’il ait été nommé receveur par le roi. Il passe la majeure partie de son temps, solitaire dans son château.

On apprend que le baron a véritablement tout manigancé pour provoquer la naissance d’un amour. Il a prévu le fait que les enfants arrivent en même temps, par quelle porte ils passeront…
Justement, ils entrent chacun de leur côté, en même temps ; se saluent. Perdican la complimente, toutefois elle semble récalcitrante.
Perdican a l’allure d’un homme de savoir mais garde une charmante simplicité. Quant à Camille, son passé de couvent se fait sentir, le champ sémantique de la religion la caractérise.

Sc3. Le chœur a une fonction purement comique ici. Il décrit maître Bridaine et maître Blazius. Le chœur nous laisse découvrir une situation de conflit entre deux gros gloutons, gourmets, et prêtres, et ignorants. Au delà du comique, le choeur a un rôle fondamental car il est narrateur et permet donc au spectateur d’accéder au hors-scène, à ce qu’il ne voit pas.

Le choeur se retire, entre alors le baron qui se plaint à dame Pluche de la froideur apparente régnant entre les deux jeunes gens. Il sent que sont projet part en fumée.

Discussion de Camille seule avec Perdican dans le jardin. Failure… Perdican, attendri par les souvenirs d’enfance lui propose de les revivre (le bateau, la promenade…) Elle refuse. Elle refuse tout, elle semble caractérisée par l’ennui. Perdican la plaint.

Intéressante intervention de Dame Pluche parlant avec le Baron qui désespère. Elle fait une petite leçon de morale au baron, elle justifie Camille (une femme qui se respecte ne monte pas sur un bateau, ne tient pas un gouvernail, ne fait pas ceci, ne fait pas cela.)

Sc4. Passage émouvant (ou niais) de Perdican qui retrouve sa contrée natale, il revoit le village, le chœur qui l’a vu naître et grandir et partir. Il revoit Rosette, la sœur de lait de Camille, lui fait compliment de sa beauté. Il a un ton d’amitié, voire fraternel avec elle, il l’invite à souper au château.

Sc5. Effet comique entre Blazius et le baron, Blazius accuse l’ivrognerie de Bridaine. C’est pourtant celle de Blazius que le baron remarque.
Bridaine vient au baron, ce qui termine l’acte sur un bilan comique. Perdican qui est docteur est dans le village entouré de garnements, une paysanne sous le bras, Bridaine et Blazius : de beaux sacs à vin.

=> Pour l’instant, il semble que le spectateur soit donc invité à rire d’une comédie amoureuse, un mariage arrangé pas si arrangeable que ça, des jeunes gens charmants et des acolytes grotesques semblant directement issus de la farce.

Acte II

Sc1. Perdican avoue à Blazius qu’il ne demande pas mieux que d’être mariée à Camille. Camille entre, le gros sort. Camille paraît également au courant des projets du baron, elle s’y oppose et veut entrer demain au couvent. Perdican ne la contredit point et veut se contenter d’une amitié. Il sort.
Elle confie à Dame Pluche un billet que cette dernière (outrée) doit remettre à Perdican. Le billet (courte lettre) demeure un objet important dans cette pièce, il a une connotation amoureuse immédiate (Cf. La Nouvelle Heloïse, les Liaisons dangereuses…), de plus, il attire fortement l’attention du spectateur et augmente le suspense.

Sc2. Monologue de Bridaine qui se plaint de Bblazius d’un air tragique, il craint de perdre sa place douillette et grassouillette près du baron, et surtout, de la table abondante du baron. Pauvre Bridaine !

Sc3. (Rosette et Perdican).
Rosette affirme qu’elle n’est point une femme d’esprit, mais une simple fille de campagne. Perdican lui compte que le mariage est manqué, il ne cesse de l’embrasser, de la flatter. Sincère ? La scène se termine sur une larme de Rosette.
Cette scène pourrait paraître secondaire, pourtant, il n’en est rien, ce sont les prémices d’un coup de théâtre. Aucune action n’est inutile au théâtre, tout doit servir l’intrigue. Ainsi, vous imaginez bien que ce comportement de ce bourreau des coeurs aura des conséquences.

Sc4. Scène comique entre le baron et Blazius. Ce dernier lui annonce qu’il a vu Camille chargeant Dame PLuche d’un billet, Dame Pluche surnommait le receveur de gardeur de dindons.
Par conséquent survient un grand quiproquo lors du récit de cet épisode. Le baron croit que Camille a refusé son fils pour un gardeur de dindons.

Sc5. Rendez-vous au bord d’une fontaine dans la forêt entre Perdican et Camille. Son humeur demeure toute autre, elle embrasse Perdican avec amitié. Elle avoue qu’elle va se faire religieuse, telle semble la raison de son départ.
Puis, elle lui pose une étrange série de questions (avez-vous eu des maîtresses? Les avez-vous aimées? …)
Longue conversation magnifique où elle demande ce que c’est que l’amour de Perdican allant de cœur en cœur, une pièce de monnaie ? Il vaut moins que de l’or. Et quant à elle, elle qui ne veut se donner qu’à Dieu, elle qui est empoisonnée par les dires des religieuses toujours hantées par leur ancien amant, elle ne connaît pas l’amour.

=> Cet acte approfondit le caractère des personnage. Ca n’est pas une comédie typique, puisque les caractères ne sont pas reconnaissables comme dans une pièce de Molière. Ici, la femme sainte et cultivée par Dieu se voit manipulatrice, la femme simple sans éducation est pure, Perdican est orgueilleux et joue à un jeu un peu trop dangereux pour lui.

 

Acte III

Sc1. Le baron congédie maître Blazius.
Perdican se remet en question. Il se demande s’il l’aime, oui, c’est sûr. Mais elle non, c’est clair, elle ne l’aime pas. Il est perdu.

Sc2. Comique entre Bridaine et Blazius. Les deux regrettent d’avoir quitté leur chère table. Mais maître Blazius apprend à Bridaine qu’il a été licencié. Bridaine court diner comprenant qu’il n’est pas mis à l’écart à cause de Blazius.
Blazius veut reprendre sa place, pour cela, il faut qu’il intercepte une lettre par Dame Pluche. Il la croise, se bat avec elle pour prendre le billet. Perdican passe par là, il lit. Camille écrit à une religieuse qu’elle va partir, que comme elle l’avait prévu, Perdican est désolé, au désespoir de son refus.
Perdican est blessé par cette lettre, blessé d’avoir été, d’avance, l’objet d’un dit désespoir, puis, blessé dans orgueil. Il se vengera, il en aimera une autre avant qu’elle ne parte.
Il envoie un billet à Camille, c’est un nouveau rendez-vous, mais elle l’y trouvera avec Rosette quand il sera en train de lui faire la cour.

=> Voilà donc à quoi sert cette pauvre Rosette!
Jusqu’ici, vous remarquerez que lorsque la pièce frise le drame larmoyant, le duos de choc (Bridaine + Bblazius) revient toujours pour redonner le sourire.

Sc3. Il séduit Rosette, la demande en mariage parce qu’elle, elle n’a rien oublié, elle l’aime toujours, elle ne se fera pas religieuse. Il jette la bague de Camille dans la fontaine. Camille voit tout.

Sc4.Camille ne veut plus partir.
Ce genre de comportement de la femme amoureuse fascine (ou exaspère) Alfred de Musset. Vous pouvez, au sein d’un commentaire littéraire, faire un parallèle à la très célèbre citation extraite des Premières poésie, Namouna en 1832: La femme est comme votre ombre : Courez après, elle vous fuit ; fuyez-la, elle court après vous.

Sc5. Bridaine dit au Baron que Perdican veut épouser une fille du village, qu’il lui a offert une chaîne d’or (c’est vrai). Pensez bien sûr à la symbolique de l’objet, une matière pure et noble (souvent utilisée par les catholiques), et montrant un lien, il l’enchaîne à lui.

Sc6. Camille apprend qu’il a lu la lettre. Alors elle comprend que tout ça n’était qu’une mascarade. Elle appelle Rosette, lui dit qu’il ne l’épousera pas. Pour preuve, elle n’aura qu’à se cacher derrière un rideau lorsqu’elle parlera à ce fameux menteur.
Camille accueille Perdican, coquette dans une robe neuve (et non plus l’habit religieux), elle joue la comédie, lui fait croire qu’elle n’a pas été au rendez-vous qu’il lui avait donné (près de la fontaine), (il n’est pas dupe), elle lui rend la bague qu’elle est allée chercher dans la fontaine et la lui-met au doigt. Vous pouvez constater que c’est elle qui tient les rennes, elle a presque un rôle masculin et chevaleresque.

Elle le manipule de sorte à lui faire regretter son imposture.
Remarquez que finalement, Camille n’est pas si sainte qu’elle le prétend, elle ment, manipule Perdican et Rosette, envoie des billets… Belle éducation au couvent.

Il finit par avouer son amour, et jure qu’il ne ment jamais. Camille triomphante lui montre son subterfuge et lui dévoile Rosette qui s’est évanouie. Elle lui dit qu’elle ne l’aime pas, lui prouve que c’est un menteur puis lui demande ce qu’il dira quand elle sera en pleur, il l’épousera.

Sc7. Le baron n’acceptera pas ce mariage, il s’abandonne à la douleur (symétrie intéressante entre la douleur de Rosette qui est véritable, et celle du baron qui n’est qu’intéressée). Perdican veut épouser Rosette, Camille tente de l’en dissuader, en vain. Rosette entre, demande à Perdican de reprendre le collier d’or, on se rie d’elle car elle aurait servi de divertissement à Perdican, ce qui l’empêcherait de trouver un mari si cela continue. Camille est donc contente, mais Perdican s’obstine. Ils sortent Rosette et lui.
Camille ne comprend pas ce qui se passe en elle. Elle le fait appeler, elle demeure confuse, prétend qu’elle ne l’a pas appelé, pâlit.

Sc8 Magnifique !
Camille sur l’autel demande a Dieu pourquoi fait il mentir la vérité, pourquoi ne veut-il plus d’elle, elle qui voulait n’avoir pour époux que lui.
Entre Perdican qui se plaint de son fatal orgueil.
Ils se réunissent, s’avouent qu’ils s’aiment, qu’ils se sont gâchés par vanité, parce qu’ils sont des hommes, insensés. Ils s’embrassent d’un premier et ultime baiser. Dernier baiser car Rosette a poussé un cri cachée derrière l’autel. Perdican n’a pas la force d’aller voir comment va la pauvre enfant, c’est Camille qui en a le courage (une fois de plus c’est elle qui semble porter la culotte!) Elle annonce la dernière phrase de la pièce:

« Elle est morte. Adieu, Perdican ».

=> Finalement, ce n’est pas une comédie puisque la pièce se ponctue par la mort d’un personnage. Toutefois, ce n’est pas le personnage principal, il n’empêche qu’il rend pour toujours impossible l’amour entre Camille et Perdican.
Il serait intéressant de comprendre de quoi Rosette est morte. D’amour? C’est possible. De honte? Assurément. Elle est déshonorée et se voit dans l’incapacité de trouver un mari.

 

Image de prévisualisation YouTube
Extrait du film J’aime regarder les filles réalisé par F. Louf en 2011

( 15 juillet, 2011 )

Manon Lescaut. L’Abbé Prevost(très très détaillé)

Fiche de lecture

AVERTISSEMENT

Cette fiche est très détaillée, en effet, cela n’était peut-être pas nécessaire, néanmoins, je crois qu’ici, l’exhaustivité ne peut guère vous desservir.
Profitez comme toujours de mes commentaires intempestifs ;)

Bonne lecture!

 

Peinture rococo réalisée par François Boucher en 1745

Peinture rococo réalisée par François Boucher en 1745

MANON LESCAUT
Abbé Prévost

PREMIERE PARTIE.

Le narrateur commence par annoncer qu’il est obligé de remonter son lecteur au temps où il rencontrait des Grieux, six mois avant son départ pour l’Espagne (à l’auteur). Il voyageait pour le plaisir de sa fille. Pendant un voyage où il se rendait à Rouen, il s’arrête à Pacy. Le village est en alarme. Il s’informe et apprend qu’une douzaine de filles de joie est conduite au Havre-de-Grâce pour être embarquée pour l’Amérique. Le narrateur, attiré par la curiosité, descend de son cheval et demeure troublé par une de ces femmes. Elle avait un air et une figure si peu conformes à sa condition, rien ne l’enlaidissait, ni la tristesse, ni la saleté de ses habits, elle paraissait noble, inspirait le respect et la pitié. En tentait de dérober son visage aux spectateurs. Le narrateur tente de savoir quel est le sort de cette jeune femme, il découvre qu’un homme l’a suivie depuis Paris, ne cessant de pleurer. Cet homme, quoique habillé simplement a tout l’air d’une personne de naissance. En vérité, il ne peut lui dire qui elle est sans se faire connaître lui-même, or, il cherche à rester dans l’ombre. Cependant, il lui avoue être fou amoureux de cette mystérieuse fille, qu’il a tout fait pour rester auprès d’elle, il a payé les archers (les gardes) qui l’emmènent pour pouvoir l’approcher, mais, à force de temps, il s’est ruiné ainsi. Il ne peut maintenant se contenter que de la suivre, sans le sou, sans espoir, mais jusqu’au bout du monde s’il le faut. Le narrateur, pris de compassion, paya en tous 6 louis d’or aux archers afin que cet amant puisse parler continuellement à sa belle.
Deux ans passèrent, a tel point que le narrateur ne se souvenait plus de cette aventure, jusqu’à ce que, par hasard, il dût aller à Calais avec un élève (un marquis), et là, il crut revoir la figure de l’amant. En effet, c’était lui, très pale, mal mis, il revenait de la mer. Dans l’auberge (Le Lion d’Or), l’amant va lui raconter ses infortunes.
Le narrateur, avant de continuer le récit de ce voyageur amoureux affirme qu’il a écrit cette histoire juste après qu’elle lui ait été racontée, il assure alors la véracité des faits. Il ajoute qu’il ne se mêlera de ce récit jusqu’à la fin.

Le voyage (nouveau narrateur).
Au temps où il avait 17 ans, il achevait des études de philosophie à Amiens, ses parents sont une des meilleures maisons de P. Ce sont ses parents qui l’y avaient envoyé. Il menait une vie sage et réglée, il était exemplaire. Ainsi, les honnêtes gens de la ville l’appréciaient. Il était si estimé qu’à la fin de ses exercices publics, Monsieur l’Evêque lui proposa d’entrer dans l’état ecclésiastique. Il aurait alors plus de distinction de dans l’ordre de Malte (Cf. Danceny dans les liaisons Dangereuses) où ses parents le destinaient. Son père allait l’envoyer à l’Académie, il dût donc quitter Amiens, ce qui l’attristait car il allait y laisser un ami auquel il tenait particulièrement, mais pauvre: Tiberge. La veille de son départ, ils se promenaient tout deux dans la ville. Pris de curiosité, ils suivirent le coche d’Arras jusqu’à une auberge. Il y vit une jeune fille, fort jeune. Lui, timide de coutume, lui si sage, tomba, enflammé par un amour foudroyant pour cette créature. Il alla immédiatement lui parler. Il apprit que cette charmante demoiselle venait à Amiens sur ordre de ses parents de la faire religieuse. Horrible nouvelle puisque cet amour déjà dans le cœur du jeune homme allait le faire souffrir. Il tenta de l’en dissuader. Sans dédain, elle lui répondit que c’était probablement son sort que d’être malheureuse au couvent. Il lui promit alors d’employer sa vie à l’arracher de la tyrannie de ses parents et à la rendre libre. Elle lui avoua que s’il y parvenait (le croyant sur parole et croyant son amour), elle lui serait redevable de « quelque chose de plus cher que la vie ». Son conducteur vint alors. Ce fut la jeune fille qui rusa, elle prétendit au conducteur que cet amoureux était son cousin et que, heureuse de cette rencontre, elle allait retarder son entrée au couvent au lendemain, et qu’elle allait souper avec lui. Il lui proposa une auberge d’Amiens. Mademoiselle Manon Lescaut, noble, tout comme lui, le trouva aimable. Ils ne trouvèrent qu’une solution afin d’appartenir l’un à l’autre: la fuite, tromper la vigilance du conducteur (qui est un domestique). L’amant ferait préparer une chaise de poste dans la nuit, il reviendrait avant le réveil du conducteur, ils fuiraient à Paris où ils se marieraient dès leur arrivée. Ils pensaient qu’avec 150 écus, tout allait se passer à merveille.
Le stratagème se déroulait parfaitement bien, jusqu’au moment où l’amant rencontra Tiberge. Ce dernier vit bien qu’il était amoureux, il le pressa de lui conter ce qui se passait. L’amoureux céda, pour son malheur. Tiberge, par immense amitié, essaya de le convaincre et le menaça de le dénoncer s’il ne revenait pas à la raison. Alors, l’amant, qui avait veillé à ne pas l’informer du fait que la fuite était prévue pour le petit matin, lui proposa de rencontrer sa maîtresse le lendemain à 9h. Ils partirent .A Saint-Denis, ils fraudèrent les lois de l’Église et se retrouvèrent époux. Un amour si ardent, passionné animait ces âmes. L’amant découvrit davantage Manon, il aurait été heureux pour toute vie, si elle lui eut été fidèle.
Il s’installe dans un appartement meublé à Paris, dans la rue de V, près de la maison de M. de B (pour son malheur). Il vint alors à l’amant la pensée qu’il fallait informer son père de ses désirs d’épouser Manon, il voulait son accord, en effet, c’était aussi un moyen de reprendre un peu d’argent qui ne tarderait pas à manquer. Manon refusait, réussit, par ses charmes et son esprit, à le dissuader. Prétendit trouver de l’argent auprès d’un parent de province. L’amoureux, charmé, ne s’attendait pas au coup fatal qu’on lui porterait. Effectivement, Manon semblait avoir trouvé de l’argent puisqu’ils vivaient avec plus d’opulence.
Un jour, l’amant était sorti et avait avertie sa maîtresse qu’il reviendrait plus tard qu’à l’ordinaire. A son retour, il frappa, et fut étonner d’attendre quelques minutes à la porte, puis, ce fut une petite fille qui vint l’ouvrir (sans doute une domestique). Il demanda pourquoi elle ne l’avait pas fait entrer plus tôt, elle répondit qu’elle ne l’avait pas entendu. Mais, puisqu’il n’avait frappé qu’une fois et qu’elle n’avait pas entendu, pourquoi a-t-elle finit par ouvrir? La petite, embarrassée fondit en larmes et avoua que la maîtresse (Manon) avait ordonné de n’ouvrir à personne tant que M. de B n’était sorti par l’autre escalier. L’amoureux était si confus à cette réponse, il sortit, demandant à cet enfant de ne rien dire. Il pleurait, n’osait y croire, n’osait la soupçonner sous peine de lui faire injure, il l’adorait. Non, elle n’a pas pu le tromper pensait-il, il connaissait trop son cœur.
Il se convainc que M. de B était un homme d’affaire en relation avec les parents de Manon et qu’il lui donnait de l’argent, cela expliquait les sommes que Manon gagnait, cela expliquait qu’elle n’avait pas d’autre amant qui l’entretenait, cela expliquait tout. L’amoureux rentra au logis. Au souper, il était fort gai, tout à fait convaincu, mais, à la lumière de la chandelle, il aperçut de la tristesse sur le beau visage de sa maîtresse, ses regards s’attachaient sur lui d’une autre façon… Amour ou compassion? Des larmes coulèrent de ses jolis yeux « perfides larmes! ». Pourquoi pleurait-elle, il pleurait aussi, cherchait à comprendre. Soudain, on frappa. Elle l’embrassa et courut se réfugier dans le cabinet qu’elle ferma derrière elle. Il alla ouvrir. Il reconnu les domestiques de son père qui l’emmenèrent de force dans un carrosse où son frère l’embrassa. L’amoureux pensait avec crédulité que sa maîtresse était plus à plaindre que lui. Les deux frères arrivèrent au logis paternel. Le père le gronda doucement. Au souper, on railla l’amoureux sur cette conquête d’Amiens. Puis le père évoqua le nom de M. de B. Intrigué, le fils le pria de lui raconter tout ce qu’il savait. Ce récit l’assassina. Il lui confesse avec gaillardise que sa gentille maîtresse l’a gentiment trompé avec le gentil M. de B, ces derniers ont prévenu le père de la demeure de l’amoureux et de Manon afin qu’il soit enlevé. Après cette gentille révélation, l’amoureux tombe sans connaissance, réveillé, il pleure à torrent et prie son père de laisser poignarder B. Il jure que Manon l’aime, qu’aurait été empoisonnée, violentée, forcée. Après quelques jours, enfermé dans une chambre haute, sans vouloir manger, il songeait, non, il n’estimait plus sa belle, mais il pouvait mourir mille mort, il n’oublierait jamais cette perfide.
Voyant que l’état de son fils ne s’améliorait pas (il voulait brûler la maison de B avec B et l’ingrate Manon dedans). Il resta 6 mois enfermé dans sa prison. Six mois durant lesquels il étudia. L’amour qu’il avait appris lui servit à comprendre certains livres. Cet amour/haine envers Manon est considéré comme une véritable maladie.
Tiberge vient lui rendre visite, lui témoigne une très (très très très) forte amitié. Il lui raconte ce qui s’est passé depuis la fuite. Il avait essayé de les rattraper à cheval, il les a chercher pendant 6 semaines. Enfin, un jour il reconnut Manon à la comédie, dans une parure éclatante, ce qui le fit soupçonner qu’elle avait un nouvel amant. Il vint à sa rencontre mais elle ne lui apprît rien sur l’amoureux. Alors il rentra en province. Et maintenant, il était avec son ami, le croyant plus tranquille. Après cette visite, il commençait à vouloir renoncer aux plaisirs du siècle pour rentrer dans l’état ecclésiastique. Il songeait sérieusement à vivre une vie paisible, sage, menée dans l’étude et la religion, dans une maison écartée…. Mais enfin, il savait que pour ne plus rien avoir à désirer dans la plus charmante solitude, il fallait être avec Manon.
Il décida alors de renouveler une année scolastique, commencer des études de théologie au séminaire de St-Supplice, il avait convaincu Tiberge de l’accompagner. Il alla à Paris sans réticence de son père qui le croyait guéri. Il étudiait avec ardeur, il devenait reconnu, devenu chevalier de Malte, abbé des Grieux. Il éprouvait de la joie face à ces secours célestes, mettait du cœur à ses exercices. Il pensait être délivré de l’amour. Voilà un an qu’il était à Paris sans même s’être informé des affaires de Manon. Il se pensait même sur le point de l’oublier.
Un jour, il devait faire un exercice public à l’Ecole de Théologie, son nom répandu, l’infidèle l’entendit, mais derrière ce terme d’ »abbé », elle ne fut pas sûre. Par curiosité, elle vint l’écouter. Il ne le sut pas, car les femmes sont cachées derrière une jalousie. Comblé de gloire, il retourna à St-Supplice. On annonça qu’une dame souhaitait lui parler, il se rendit au parloir… C’était Manon, dix-huit printemps, plus belle que jamais. Toute sa figure parut un enchantement. Un air si fin, si doux, l’air de l’Amour même. Tous deux étaient embarrassés, il ne sut que dire. Elle lui reprocha de ne pas avoir pris de ses nouvelles (SALO… !!!!!!!!!!!), et de la voir ainsi, les larmes aux yeux sans lui dire un mot. « Perfide » réussit-il enfin à lui adresser. Elle méritait cette injure mais ne comptait pas se justifier. Elle le menaça de mourir s’il ne lui rendait pas son cœur, sans quoi elle ne pouvait vivre. Il lui ordonna de prendre sa vie, seule chose qui lui restait car son cœur n’avait jamais cessé de lui appartenir. Sur ce, elle l’embrassa, le combla de mille caresses, de mille mots doux, il était épouvanté par ce tumulte de passion qui l’envahissait à nouveau. Face à ses mots, il lui pardonna tout. Elle lui avoua pourquoi elle avait été séduite par M. de B. Il avait de l’argent, il lui affirma qu’il lui donnerait une somme pour chaque faveur qu’elle lui ferait. Cela est venu ainsi, après sa séparation, elle n’était pas heureuse des plaisirs que cet amant lui offrit, lorsque Tiberge était venu la voir, elle avait reçu une épée dans le cœur, et, en entendant à nouveau parler de son ancien amoureux, elle se résolut d’aller au séminaire et d’y mourir si elle n’était pas pardonnée.
Alors ils s’enfuirent à nouveau, elle quitta sur le champ M. de B. Elle prit les bijoux et 60 000 francs. Ils s’installèrent à Chaillot, c’est un petit village près de Paris car elle avait du chagrin à quitter Paris. Mais cette somme n’était pas inépuisables, ils la lapidèrent en plaisir, quoique désireux de la conserver, puis, l’hiver approchant, ils louèrent un deuxième logement à Paris, cela finit de les ruiner.
A Paris, ils habitaient malheureusement dans une rue près du frère de Manon qui était garde du corps (donc baraqué quoi). En reconnaissant sa sœur à la fenêtre, il la menaça sévèrement (étant au courant de son désordre passé). Puis, plus tard, il vint lui faire des excuses car il avait appris qui était son des Grieux. Alors, il devint l’ami du couple, à tel point qu’il l’envahit, il invita ses propres amis dans la maison à Chaillot, payait ses dettes aux dépens du couple. La situation empire réellement lorsque, ayant passé la nuit Paris, une domestique court annoncer à son maître que leur maison de campagne a pris feu. L’argent qui se trouvait dans une armoire n’y est plus. L’amant est désespéré, il a peur que sa belle le quitte à cause de la misère.
Il alla demander conseil au frère de Manon. Celui-ci lui donna plusieurs solutions : Manon n’a qu’à s’attirer les faveurs d’un homme riche (failure), son amoureux n’a qu’à se faire entretenir par une vieille dame riche (refailure). Bon, alors il n’a qu’à s’associer à l’Ordre, (à des experts) pour jouer aux jeux de hasard. Ce frère, à la vérité, avait excusé Manon que pour tirer parti de sa beauté auprès d’hommes fortunés… Il pensa alors à demander secours à son ami Tiberge. Tiberge, avec son amitié maladive, lui fournit 1000 écus (=100 pistoles). Il alla ensuite rejoindre le frère de Manon qui le présenta à l’ordre. Il apprit à jouer, sa gloire se fut surtout dans l’hôtel de Transylvanie. En quelques semaines, il acquit des sommes considérables. Il craignait surtout de découvrir à Manon la perte de Chaillot, alors, pour la consoler de cette nouvelle, il loua une maison garnie où ils s’établirent avec un air d’opulence et de sécurité.
La fortune s’enlaçait avec l’amour, les deux amants vivaient paisiblement, mais cela ne pouvait durer. En effet, le valet de l’amoureux et la suivante de Manon complotèrent, un jour où les maîtres étaient partis, ils volèrent tout : l’argent, les vêtements… Les amants étaient alors ruinés. Là recommence la débandade. Des Grieux alla voir le frère Lescaut qui lui conseilla de s’adresser à la police. L’amant s’exécute à ses dépens. Pendant qu’il s’était rendu au poste de police, le frère dit à Manon qu’il connait un certain vieux et voluptueux M. de G, cela pourrait être très avantageux. Affectée par la disgrâce de son aimé et d’elle-même, elle se laissa entraîner. Manon demanda à passer la nuit seule. Le lendemain, lorsqu’il se réveilla, elle était partie, il découvrit une lettre dans laquelle elle expliquait qu’il demeurait l’idole de son cœur. Mais, que la fidélité était une sotte vertu dans leur situation. Alors, elle y ajoutait qu’elle reviendrait avec de quoi combler son tendre Chevalier.
Il reçut alors la visite inattendue du frère Lescaut. Celui-ci lui annonça des nouvelles selon lui heureuses. Manon plut beaucoup à M. de G, à tel point qu’il lui offrit une maison. Le frère avait prétendu à l’homme (qui avait déjà fait un présent de 200 pistoles), qu’elle était pauvre, avec un petit frère à charge. Déguisement ! Ce frère, c’était des Grieux, qui devait la rejoindre dans cette maison de campagne. Il la rejoint, mais il demeurait fort triste de savoir la reine de son cœur infidèle. Manon ne put le supporter, alors elle décida de mettre fin à cette comédie. Après un souper qui réunissait Manon, son amoureux, M. de G et le frère Lescaut, Manon prit toutes les richesses que lui donna ce vieil homme et s’enfuit dans un carrosse de louage avec son frère et son amant. Mais M. de G ne tarda pas à comprendre qu’il était dupe. Le soir même, il fit des démarches pour découvrir ses criminels. Il découvrit tout: Leur demeure à Paris, le passé sulfureux de Manon avec B. Alors, il prit la résolution de les faire arrêter. Alors que les amants étaient encore au lit, un exempt de police débarqua, prit l’argent, fit lever brusquement Manon et des Grieux. Ils les séparèrent.
Manon était dans une prison, condamnée à exécuter une certaine tâche de travail. Lui fit plusieurs mois d’une rude pénitence. Puis, il fut amené aux portes de Saint-Lazare, il tremblait, il rencontra le supérieur qu’il appelait mon Père. Le métier de cet homme allait consister à lui faire reprendre le goût de la vertu et de la religion, tandis que le prisonnier allait devoir devenir sage dans une heureuse solitude. Il passa 8 jours à pleurer, cette passion qui l’enflammait était l’objet de la honte de sa famille, de la confusion. L’amoureux prit devînt un maître de l’hypocrisie, il fit tout pour plaire à Saint-Lazare, il lut des livres sérieux… Mais cela n’était qu’apparence, à l’intérieur, il gémissait de son sort, de cette prison tyrannique. Sa liberté dépendait de M. de G, celui-ci fut tellement touché par sa bonne conduite qu’il se résolut de lui rendre visite. Visite durant laquelle il lui apprît ce qui arrivait à Manon: elle apprenait la sagesse à l’Hôpital. Cela mit l’amant hors de lui, il se jeta sur lui, il commençait à l’étrangler, on vînt, on arracha m. de G de ses mains. Ce dernier exigea de resserrer les fers de ce prisonnier. Le supérieur refusa, des Grieux lui raconta tout, ses aventures tristes, le rôle perfide de M de G… (On l’appelle aussi M. de G… M…). Le supérieur alla voir M le lieutenant général de Police, celui-ci opta pour un enfermement de 6 mois à Saint-Lazare. Il demanda une faveur: pouvoir recevoir des visites de Tiberge. On la lui accorda. Tiberge, sans qu’il ne le sache, allait servir d’instrument éloigné, il allait remettre des lettres au frère Lescaut pour le délivrer sans savoir qu’elle était pour Lescaut. Il les remettrait à une autre personne qu’il ne connaissait pas.
Tiberge vient, ils discourent tous les deux. Des Grieux lui justifie le choix de choisir l’amour et non la vertu, que la vertu est inutile pour faire oublier à un cœur les joies de l’amour. L’amour, comme la religion, est rempli de peines, mais cette peine ne ressemble en rien à la tyrannie, à la prison des croix. L’amour malheureux n’est pas une contradiction, l’amour peut être heureux. Tant de cœurs s’échappent de la prison de la religion, tant d’hommes jouissent de l’amour. Ces cœurs peuvent être vertueux.
Tiberge remit la lettre, Lescaut reçu la sienne avant la fin du jour, le lendemain, il vint voir le prisonnier. Il n’avait pas de nouvelles de sa sœur. Il n’y avait pas de solution de s’échapper par la fenêtre puisque le prisonnier était au troisième étage. Cependant, il avait au moins la liberté de se promener dans les couloirs des religieux. Il eut alors une idée, il demanda à Lescaut de lui apporter un pistolet le lendemain. Le plan était: se rendre chez le supérieur dans la nuit, celui-ci avait les clés des portes, lui demander de les lui remettre, s’il n’y consentait pas, il ferait mine de pouvoir user de son pistolet. Le plan fonctionna jusqu’à la dernière porte où le supérieur appela un domestique au secours, il était de taille mais l’amant lui tira dessus. Effrayé, le supérieur ouvrit la porte, Lescaut attendait, enfin, il était libre. Il se rendit à l’Hôpital, mais devait faire attention car il serait recherché. Il s’informa de milles renseignements par le portier. Il apprit qu’il y avait un jeune M. de T, en âge de se marier qui rendait souvent visite à l’Hôpital. Ainsi, l’amant lui demanderait la libération de Manon, s’il ne le fait pas par générosité, il peut être intéressé par les faveurs d’une si charmante créature. Lescaut fut d’accord avec ce plan.
Des Grieux alla rendre visite à ce jeune M. de T, il le reçut, l’écouta avec attention, fut touché, persuadé. Il lui assura qu’il ferait tout ce qu’il pourrait pour l’amant et sa maîtresse, mais qu’il ne promettait pas la liberté car ses pouvoirs étaient médiocres. Ils devinrent amis.
La chose réussit, il rendit visite à Manon grâce à l’aide de M. de T le jour même. Le valet, qui n’était pas vil, avait été touché par cette entrevue. Pour qu’on la traitât bien, l’amant lui donna un louis d’or. Plus que convaincu, le valet lui avoua que s’il le prenait à son service, il pourrait faire sortir Manon, en la laissant partir la nuit. Cela était risqué, mais c’était un risque à prendre. Le plan allait être mis en œuvre le lendemain. Le matin, l’amant revint avec M. de T à l’Hôpital avec du linge (d’homme) pour Manon, il oublia simplement la culotte, alors il lui donna la sienne (c’est mignon^^). Ils s’enfuient la nuit sans problème. Ils arrivent chez Lescaut. Mais l’amant avait promis un louis d’or au cocher, or, il ne le possédait pas, alors, il demanda à Lescaut de payer. D’une humeur massacrante, Lescaut menaça le cocher de sa canne, il s’enfuit. Le cocher assura qu’ils allaient avoir de ses nouvelles. Deuxième mauvaise nouvelle, après un moment, un homme vint appeler Lescaut et le tua d’un coup de pistolet. Ils virent un fiacre, y montèrent, partirent pour Chaillot. Il lui fallait de l’argent maintenant, il obtint 100 pistoles de Tiberge non au courant de la liberté de Manon. Tiberge l’avait convaincu d’envoyer une lettre à son père. Il le fit, demandant de l’argent pour reprendre ses cours à l’académie. Ce qui le tentait, il souhaitait rendre l’amour et ses exercices compatibles. IL alla ensuite chez M de T. En vérité, le meurtre du domestique de Saint-Lazare n’était pas connu, il était donc libre dans Paris. M. de T et l’amant revinrent à Chaillot (auberge) après avoir pris du linge. M. de T lui apprit que Lescaut avait été mort car il s’était ruiné au jeu et qu’il n’avait pas pu payer sa somme.

Fin de la première partie.

 

DEUXIEME PARTIE.

Les amants vivent leur petit bonheur à Chaillot. Grâce au jeu à Paris, des Grieux gagne l’argent, quant à Manon, elle s’occupe, se lie d’amitié avec le voisinage… se promène avec ses amies au bois de Boulogne. Là commence peut-être un nouveau malheur. Un jour, leur valet (qui au fait s’appelle Marcel) vient voir son maître, lui annonce qu’un homme tente de parler à Manon, que ce monsieur est un prince italien. L’amant tressaille de jalousie, il voudrait cependant fermer son cœur à ce sentiment, il sait sa belle fidèle. Néanmoins, il demande à son valet de surveiller son amante afin de voir si ce fameux prince se rapproche à nouveau d’elle. Il apprend plus tard qu’effectivement, un jour, sa maîtresse lui donna une lettre qu’il baisa avec empressement. L’amant commença à craindre une nouvelle infidélité, un jour, Manon était plus tendre que jamais, elle avait retenu son amoureux dans la chambre, elle passa des heures à le coiffer, soudain, on frappa, quelqu’un monta les escaliers. Le prince italien tomba né à né avec des Grieux… Soudain, Manon déclara fièrement au prince: Voici l’homme que j’aime et que j’aimerai toujours, qui vaut tous les princes de la terre. Ainsi cette boutade n’était qu’une preuve d’amour de cette amante éperdue. Il riait aux éclats, son amant l’aimait d’autant plus… Ainsi, le bonheur perdurait. Jusqu’au jour où un jeune homme vint manger dans l’auberge de Chaillot. Ce jeune homme était un ami de M. de T qui mangeait avec des Grieux et Manon, il l’invita à les rejoindre. Ce jeune homme était le fils de M. de G… M… (Celui qui avait conduit Manon à l’Hôpital et son aimé à Saint-Lazare). L’amant vit cela comme un moyen de se venger… M de T le retint vivement, c’était un de ses meilleurs amis. Le fils (nous allons l’appeler ainsi) vint excuser avec beaucoup de sincérité les excès de son père. Malheureusement pour le couple, il tomba amoureux de Manon. Tomber amoureux, c’est peu dire, il tomba fou amoureux de Manon. Lorsqu’il partit, il l’apprit à son ami M de T, il lui avoua qu’il avait le projet de l’arracher des mains de des Grieux en la tentant par mille et une richesses. M de T qui trouva ce complot injuste s’empressa d’en informer l’amoureux. Celui-ci, vacillait mais l’apprit à sa belle Manon. Manon lui assura que même s’il possède un hôtel à lui offrir, des bijoux, 10 000 francs… elle était trop attachée au roi de son cœur. Alors, ils décidèrent de se venger du père par le biais de la richesse que possédait le fils. Ils optèrent pour le ruiner. Alors commença (malheureusement) un jeu de dupes. Ils furent très aimables avec le fils, celui-ci le fut également, il avoua ses sentiments à Manon, il le fit également dans une lettre qu’elle montra sans réserve à son amoureux. Il promettait tendresse et richesses (beaucoup de richesses). Des Grieux craignait que sa belle ne cédât. Elle promit cependant qu’il n’avait rien à craindre. Le fils proposa à Manon de se rendre à un hôtel, moment pendant lequel il l’enlèverait. Cela se produisit comme prévu dans les deux camps. Ce qui était prévu ensuite était qu’elle prenne l’argent et qu’elle s’enfuit avec son amant, pour cela, il fallait qu’elle se rende à la comédie avec son pseudo nouvel amant, qu’elle prétexte quelque chose pour partir de la loge et qu’elle s’en aille avec des Grieux. Pourtant, les choses ne déroulèrent point ainsi, l’amoureux attendit une heure devant la comédie mais sa belle ne vint pas. A la place, une fille l’attendait dans un carrosse, belle il est vrai, mais ce n’était pas Manon. Elle lui tendit une lettre, celle-ci était de la main de Manon. Elle annonçait qu’elle ne pouvait venir et que, pour se consoler, elle lui offrait l’une des plus belles filles de Paris (Quelle P….!!) Il mourrait de rage, insultait le ciel, son sort, sa perfide infidèle. Qu’allait-il faire? Il se rendit plus tard chez son ami M. de T, lui demanda un service qu’il remplit de toute son amitié. Il fallait qu’il occupe le fils en prétextant un problème d’argent qu’il avait perdu au jeu, cela devait durer 2h. En attendant, des Grieux irait dans la demeure de sa maîtresse et la supplierait de n’être qu’à lui. Tout se produisit. Lorsqu’il la vit, il jura, il l’insulta, l’instant d’après, s’excusa de mille mots tendres à ses genoux. Il se trouvait entre le bonheur d’être aimé et la mort d’être jaloux et trompé. Elle lui expliqua alors, sans rien cacher, ce qui lui était arrivé.
Elle découvrit l’immense fortune du fils et se dit qu’il valait mieux qu’elle vole davantage que ses 10 000 francs et les bijoux. Elle était traitée comme vraie princesse, les domestiques la considéraient comme leur maîtresse… Alors, elle dit au fils que des Grieux était quelqu’un de très bien, qu’il serait enchanter d’avoir des affaires avec lui, qu’il n’était pas malheureux que sa femme lui fut enlevée puisque le temps avait refroidi leur amour. Ainsi, le fils lui proposa de prendre une autre maîtresse, son ancienne maîtresse (la fille du carrosse), Manon approuva, cela allait le désennuyer car c’était seulement la fidélité du cœur qu’elle attendait de lui. Voilà pourquoi elle décida de ne pas s’enfuir à la comédie: pour l’argent (as usual.) Ainsi, elle comptait passer la nuit dans le lit d’un autre? Oui, elle ne voulait point partir maintenant sans l’argent.
Soudain, on frappa, ce n’était que Marcel, il apportait un billet de M de T qui avait profité du moment où le fils était allé lui chercher de l’argent pour écrire. Il proposait une plaisanterie, il fallait que des Grieux trouve quatre hommes de fidélités pour arrêter le fils, ainsi, il mangerait son souper, dormirait dans ses draps et lui enlèverait Manon au petit matin. Cela plut beaucoup à Manon, mais l’amant ne savait comment trouver ces quatre hommes car il ne restait qu’une heure.
Il se les procura néanmoins, c’était des amis du frère Lescaut (mort je le rappelle), il offrit pour cela 10 pistoles. Les quatre hommes (gardes du corps) attendirent leur proie au coin sombre d’une rue, menacée d’un pistolet et de bras forts, la proie les suivit sans faire d’histoire. Tout (ou presque tout) se passa sous l’œil bienveillant de l’amour. Ils soupèrent, goûtaient une des plus belles soirées de leur vie, mais un drame survenait.
En effet, lorsque le fils était revenu voir M de T avant de se faire arrêter, il était suivi d’un laquais. Ce laquais, pris de panique par l’embuscade courut voir le père M. de G…M… . Il lui informa que son fils était en danger, étant son seul fils, il s’inquiéta beaucoup. Le père demanda tout ce qui lui parut suspect. Le laquais raconta tout, la rencontre de Manon, son amour, l’argent qu’il avait déjà dépensé. Le père prévint M. le lieutenant général de police pour faire chercher son fils mais en vain, alors, il se rendit lui même, suivi d’archers, à la demeure de son fils pensant qu’il y était peut-être retourné. En entrant dans la chambre, le couple allait se mettre au lit. Des Grieux sauta sur son épée afin de se venger, manque de bol, elle était bloquée par le ceinturée. A ce geste, les archers le bloquèrent. Le père voulut absolument savoir où était son fils. Emporté par sa colère, des Grieux affirma qu’il savait où était son fils, et que s’il l’irritait, il le ferait étrangler. Cela empira son sort. Il le fit garder par plusieurs archers, railla la pauvre Manon. Et, en menaçant Marcel (terrorisé par cet homme) et en lui proposant de l’argent, celui-ci avoua tout ce qu’il savait: Le projet de rendre dupe le fils, de lui voler 10 000 francs. Le père ordonna qu’ils soient menés à Châtelet (prison). Il ne servit à rien de supplier, de justifier, la décision était prise. Les amants furent transportés dans le même carrosse, enlacés par l’amour et la peur. Arrivés à la prison, des Grieux paya une pension d’avance au concierge pour qu’il prenne soin de Manon et qu’il prenne en compte leur naissance. Il écrivit ensuite à son père, lui demandant de venir sur le champ à Paris. Cela ne tarda point d’arriver car le père était déjà en chemin pour Paris, voulant voir la vertu qu’avait changé son fils.
D’abord, le lieutenant général de Police entra dans la chambre du prisonnier, étonné de le voir à nouveau, accusé par les mêmes M. G… M… Cependant, il fut doux. Puis le père des Grieux vint, les deux hommes ne surent que dire. Le père se sentait déshonoré jusque dans le plus profond de son âme, quand son fils allait-il finir cette renommée infâme de la honte? Mais il ne put tenir de durs propos longtemps, il fut pris de pitié par son fils qui implorait d’être juste, lui qui n’avait fauté que par et pour l’amour, pour la créature la plus charmante du monde. Comment le délivrer? Il fallait parler au lieutenant ou alors au père G… M… . Le père exécuta ces recommandations, les deux pères (des Grieux et G… M…) se rendirent chez le lieutenant, ils demandèrent la libération de l’amoureux et d’enfermer à double tour Manon ou bien de l’emmener en Amérique. Il fut alors convenu qu’elle partirait. Le pauvre amant l’apprit plus tard, il l’apprit après avoir été chez son père, après être retourné à Châtelet pour rendre visite à sa bien aimée, c’est alors que le concierge, sensible à ses malheur, lui raconta la condamnation de la jeune fille. Il suffoqua, s’évanouit, pris ensuite de convulsions lorsque la connaissance revint. Que faire pour sauver la reine de son cœur? Il lui fallait de l’argent, il en demanda à Tiberge au séminaire de Saint-Supplice en prétextant vouloir payer ses dernières dettes avant de quitter Paris, il obtint 500 francs. Puis, il alla chez son ami M de T, lui conta tous ses maux, toutes ses aventures qu’il connaissait déjà néanmoins. M. de T lui donna alors un conseil, risqué auquel il ne voulut point être mêlé, il fallait qu’il trouve des hommes fidèles, des hommes de mains qui viendraient délivrer Manon lorsqu’elle serait emmenée hors de Paris. Pour cela, il lui prêta une bourse de 100 pistoles. M de T aurait voulu participer à cette embuscade mais il ne le pouvait car cela mettait trop en jeu sa réputation. Il pouvait également faire changer d’avis les accusateurs, M de T se chargerait d’adoucir MM G… M… et des Grieux son père. Il essaya, oui, il essaya, en vain, menaça même de mourir si son père ne changeait d’avis à propos de Manon, et bien, qu’importe, qu’il meurt! Il avait eu cet entretien avec son père au Luxembourg, sous un autre nom, afin de ne pas être reconnu et emmené de force en province.
Après cet échec, il accourut chez M. de T, son dernier espoir: échec également de son côté.
Il ne restait plus que la solution de la violence. Il obtint pour cette entreprise, l’aide de celui qui avait attrapé G… M… . Celui-ci lui procura des hommes, mais l’amant du employer les 100 pistoles à les trouver, les habiller, les armer… (les gardes de Manon étaient 6).
Le jour de l’exécution était venu. La belle Manon allait prendre le chemin de Normandie pour embarquer au Havre-de-Grâce, et non prendre le chemin d’Orléans comme on lui avait pour le tromper. Il ne fut pas dupe.
Sur le chemin, le carrosse infâme de Manon avançait, l’amant et le garde du corps (ami de Lescaut) décidèrent d’attaquer, le chemin tournait, il fallait fondre sur eux. Tous se mirent d’accord, le plan s’exécuta. Mais, les archers, voyant 5 cavaliers charger ainsi vers eux, se préparèrent et sortir les baïonnettes. Les trois hommes prirent peur, retournèrent la bride de leur cheval de concert, et s’en retournèrent en direction de Paris. Face à ce lâche retournement, des Grieux et le garde ne surent que faire n’étant que deux face à des hommes si bien armés. Ils voulurent retourner à Paris, ils rattraperaient les archers le lendemain. Mais l’amant prit une toute autre décision: il remercia son compagnon de ses services, il alla prier, avec soumission, les archers de l’accepter dans leur troupe pour accompagner Manon. IL n’avait plus d’argent, du moins, il lui restait 15 pistoles. Il se présenta aux archers, le chef de la bande accepta qu’il vit leur captives à une condition: « money »… Il leur avoua le fond de sa bourse, ce fut accepté. Mais quand ils s’aperçurent qu’il était amoureux, ils augmentèrent le prix (qui était d’un écu par heure). Cela le ruina complètement en partant de Mantes. Il avait eu quelques entrevues, il découvrit sa belle, enchaînée, assise sur un peu de paille, quelle horreur pour ses yeux, pour son âme. Ils passèrent un moment ensemble, amour, honte, remerciement, mais pas d’adieu, il ne pouvait l’abandonner, elle, sa reine, il la suivrait au bout du monde. Malgré ce sort cruel, il trouvait la félicité dans ses regards languissants. Mais ruiné par les friponneries des archers, il ne pouvait plus rien espérer, ni même établir une fortune en Amérique. C’est pour cela qu’il écrivit à Tiberge, il lui demanda, pour la dernière fois, 100 pistoles. Puis, en ville, à Pacy, il put bénéficier de la générosité du narrateur, ce qui lui permit de revoir un peu son aimée jusqu’au Havre. Ironie du sort, le jour où il recevrait lettre, il paraît le matin même. Manon était bouleversée, elle proposa de mourir, tous deux, au lieu de traîner leurs maux dans un pays de supplice, son tendre amant la raisonna, se montra courageux en prenant un air tranquille. Il ne pouvait recevoir l’argent de Tiberge, alors, il vendit son cheval, à cela, il ajoutait le reste de l’argent du narrateur, cela faisait 17 pistoles. 7 pour consoler Manon, et 10 pour début de fortune. Il s’engagea dans le vaisseau qui cherchait des volontaires. Il écrivit une lettre touchante à Tiberge avant de partir.
Il bateau mit les voiles, l’amant alla voir le capitaine, lui raconta un peu ses infortunes et prétendit être marié à sa belle Manon dans le but d’avoir une chambre avec elle. Il l’accorda, les nourrit honnêtement, que dire? Le couple, s’éloignant de l’Europe, était heureux.
2 mois de navigation, ils débarquèrent sur une terre qui parut inhabitable. Puis une troupe les accueillit, les amena dans une ville (enfin, un rassemblement de cabanes). Le gouverneur les reçut. Il y avait 30 femmes qui étaient descendues du vaisseau, il offrit les plus belles aux principaux jeunes gens de la ville pour épouses. Il laissa Manon dans les bras de son amoureux puisqu’ils étaient bien-né et apparemment mariés. Il les invita à souper: conversation générale, tristesse dissimulée. Ils furent amenés à leur logement: misérable cabane de boue et de boue. Manon était effrayée, elle craignait pour l’inconfort de son amant. Mais enfin, c’est dans cette pauvreté que leur bonheur s’établit, elle, si amoureuse, lui, avait trouvé un emploi, ils s’attirèrent l’amitié du Gouverneur, de toute la colonie. Ils fondèrent une petite richesse, l’amant avait un valet, la maîtresse une servante. Terre de bonheur, de trésor, sans jalousie, sans inconstance.
Ils vivaient dans un amour vertueux, des conversations sensibles et intelligentes. Il voulut se marier. Comblés de joie, ils voulurent annoncer la nouvelle au Gouverneur, annoncer qu’il l’avaient trompé. Quelle funeste idée, au moment où ces jeunes souhaitaient se ranger du côté de la vertu, le sort le préparait le coup final. En fait, le Gouverneur avait un neveu qui lui était extrêmement cher : Synnelet. Or, ce dernier gardait en son cœur une passion pour Manon depuis la première fois où il avait posé les yeux sur elle. Mais, croyant qu’elle était mariée, il avait su contenir ce feu. Que dire alors ? Des Grieux se rendit chez le gouverneur, lui raconta ses aventures, lui demanda de participer à la cérémonie, le gouverneur accepta. Plus tard, l’aumônier se rendit dans la demeure des amoureux. Il parla froidement, déclara que Manon, en tant que femme arrivée en Amérique, dépendait du Gouverneur, aussi, il la remettait à son neveu. L’amant était or de lui, ne savait que faire d’abord, il accourut chez le gouverneur, le supplia, oublia son honneur en se soumettant misérablement, en vain. Il sortit, et, sur le chemin, rencontra le neveu qui avait compris que seul un combat pouvait déterminer le vainqueur. Les deux hommes s’éloignèrent de la ville. Une première fois, quoique peu expérimenté dans les armes, des Grieux le blessa, il aurait pu le tuer, mais conscient qu’il était face à un combattant de mérite, il lui laissa sa chance. Ils se blessèrent tout deux, Synnelet finit par s’écrouler comme mort. Victorieux, l’amant savait que les conséquences allaient être terribles. Il rentra chez sa tendre Manon, ils décidèrent, avec désespoir, de quitter la ville. Ils prirent quelques provisions et s’enfuirent. Manon, prouvant un grand courage, une soif d’amour, marcha vite, deux lieues, puis elle avoua qu’elle était lasse. Il faisait nuit, il ôta ses vêtements afin d’allonger plus commodément sa tendre Manon. Il l’enlaçait afin de la réchauffer. Le matin, elle avait froid, elle était froide, tremblante, elle sentait sa fin proche, l’amoureux ne la crut, il pensait que c’était une formule d’usage. Enfin, elle le quitta sur un mot d’amour. Il resta d’abord accroché à ce corps idolâtré, puis, conscient que cet autel pouvait être la proie des bêtes sauvages, il creusa la terre avec ses main, un peu de liqueur sur les lèvres afin de redonner quelque peu de force, il l’enterra, seul, puis s’étendit à côté de la tombe.
On le trouva, on le secourra, à son plus grand regret, le sort n’avait donc point fini de le faire souffrir, on le guérit, on enterra autre part le corps de la défunte Manon. Il avait un procès, malgré la peine de Synnelet (oui, finalement, il est vivant !), il plaida plutôt en sa faveur. 3 mois de prison. Il fut malade. Des Grieux, après quelques temps, sentit le goût de la vertu à nouveau revenir dans ses veines, lui qui haïssait la vie Il décida de revenir en France. Un jour, il vie un bateau débarquer, il s’approcha, à sa plus grande surprise, il reconnut le visage de Tiberge.
Celui-ci s’était au Havre lorsqu’il avait reçu la lettre de son ami, mais le vaisseau était déjà parti, il avait alors cherché désespérément un moyen de le retrouver. Il trouva enfin un embarquement au port de Saint-Malo qui allait jusqu’en Martinique. Il trouva le moyen, lors d’une escale (à moins que je me trompe) de changer de bateau qui l’emmena ici. Des Grieux était ravi de revoir un visage familier. Ils restèrent deux mois en ville (Nouvel Orléans) partirent ensemble pour la France dès le premier bateau. Au Havre-de-Grâce, des Grieux écrivit à sa famille, il apprit par son frère que son père était mort, il sentit que ses désordres avaient contribué à cette fin. Il se rendit aussitôt à Calais où son frère l’attendrait.

Fin.

Remarque : La mort de Manon est écrite en une phrase, à peine.

Publié dans Roman par
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( 15 juillet, 2011 )

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